Dossier d’œuvre architecture IA65007028 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
Demeure puis grand Grand Hôtel Victoria, actuellement Résidence Victoria
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie
  • (c) Université de Pau et des Pays de l'Adour

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Hautes-Pyrénées - Haute-Bigorre (La)
  • Commune Bagnères-de-Bigorre
  • Adresse 23 allée des Coustous
  • Cadastre 2019 AK 543
  • Dénominations
    demeure
  • Destinations
    hôtel de voyageurs

A la fin du 17e siècle, cette demeure appartient au juge royal de Berné, mais au vu de sa physionomie néoclassique, elle semble remaniée au tournant du 18e siècle. Sous la Troisième République, l'édifice devient Grand Hôtel Victoria. Il fait alors partie d'une propriété incluant le Grand Hôtel d'Angleterre situé en face et géré par le même exploitant. Il est converti en immeuble à logements au 20e siècle.

Située sur la promenade des Coustous, que la haute-société privilégie pour se loger au 19e siècle, cette parcelle est construite depuis le Moyen Âge. A la fin du 17e siècle, la maison qui occupe ce terrain est considérée comme "la plus belle de la ville" avec "son magnifique jardin rempli d'arbustes, de fleurs et de fruits". Elle appartenait à M. de Berné, juge royal, qui avait acheté sa charge en 1648. Selon le Terrier de 1771, l'immeuble est toujours propriété du "noble" Dominique de Berné, ancien juge. Le mode constructif et le parti pris néoclassique de cet édifice, représentatif de l'’architecture thermale romantique, permettent cependant de supposer des travaux de remaniement au tournant du 18e au 19e siècle. En 1830, l'édifice passe au main d'un dénommé M. de Torné, originaire de Campan, qui épouse l'héritière de Berné et devient également juge royal. Il est visible sur les gravures représentant l'allée des Coustous et ne compte en 1870 que deux étages carrés et un comble.

Sa conversion en hôtel de voyageur entraîne une surélévation à la fin du 19e siècle. Dans une brochure touristique publiée en 1903, il est fait mention à propos de l'édifice d'un hôtel privé, non loin de l'établissement thermal. Il abrite des appartements de grands luxes pour tous les goûts puisqu'ils sont meublés anciens et modernes. On y trouve tout le confort moderne ainsi que des écuries, des remises et un garage automobile. Cet hôtel, propriété de Mme Dayraut, est alors à vendre où à louer.

Sous la Troisième République, il apparaît dans la documentation iconographique comme Grand Hôtel Victoria. A cette époque, un seul et même propriétaire, J. Perez, possède cet établissement ainsi que le Grand Hôtel d'Angleterre lui faisant face, ce que démontre un cartel publicitaire vantant leurs équipements et leur confort. C'’est pourquoi, sur les clichés photographiques, l’'enseigne surplombant le portail de la cour du second édifice associe alors leurs deux noms. Cette réclame illustrée magnifie l'hôtel en lui prêtant une situation d'angle, alors qu'il est construit en retrait de l'allée des Coustous. Elle le "gonfle" en lui ajoutant deux travées un étage supplémentaire. En 1912, les deux hôtels sont toujours propriétés de J. Pérez et offrent comme service un grand garage, l'électricité et le téléphone. L'annonce précise "panonceau de l'A.C.F", indiquant ainsi que les membres de l'Automobile-Club de France y sont particulièrement les bienvenus (Bagnères thermal, 21 juillet 1912).

  • Période(s)
    • Principale : limite 18e siècle 19e siècle
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle
  • Dates

Mitoyen des deux côtés, cet édifice adopte le parti néoclassique des constructions officielles de la fin du 18e et de la première moitié du 19e siècle, notamment avec son plan carré percé d'un puits de jour central. Particulièrement soignée, la façade donnant sur les allées des Coustous est ordonnancée et laisse apercevoir la couverture pyramidale de l'édifice grâce à sa position en retrait, précédée d'une avant-cour. Ses sept travées se déploient selon des modalités différentes à chaque niveau, alternant les baies avec arc segmentaire au rez-de-chaussée, puis les baies avec arc en plein-cintre et balcon filant au premier étage, et les baies rectangulaires dans les deux niveaux supérieurs. Les murs à bossages font écho à la modénature en pierre de taille. Malgré son style académique, les matériaux et techniques de construction sont empruntés aux pratiques vernaculaires (notamment la pierre de Bigorre et l'ardoise pyrénéenne).

  • Murs
    • maçonnerie enduit
    • moellon
    • pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    3 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Typologies
    architecture néoclassique
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • A.M. Bagnères-de-BIgorre, O1 - 3, Allées des Coustous, extrait du plan du terrier et des propriétés de 1771

    A.M. Bagnères-de-BIgorre : O1 - 3
  • A.D. Hautes-Pyrénées, Plan de la ville de Bagnères-de-Bigorre, par A. Pambrun, 1856, cote 2 O 361

    AD Hautes-Pyrénées : 2 O 361
  • A.D. Hautes-Pyrénées, PERE Léon, Plan de Bagnères-de-Bigorre, 1890, 2 O 361.

    AD Hautes-Pyrénées : 2 O 361
  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, Plan de Bagnères en 1714.

  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, Plan de Bagnères en Bigorre, Lattré graveur, Paris, 1789.

Bibliographie

  • "Les Hautes-Pyrénées : livret-guide illustré, publié par le syndicat d'initiative des Hautes-Pyrénées ; honoré d'une subvention du T. C. F. 1903.

Périodiques

  • SOYE E., « Les Coustous à travers le temps », in Bulletin de la Société Ramond, 1935, p.199-215

  • Bagnères thermal, 21 juillet 1912

Documents figurés

  • CCHB Ville de Bagnères-de-Bigorre – Fonds photographique Alix Eyssalet, Bagnères-de-Bigorre, Hôtel Victoria, clichés n°91 à 102

  • A.D. Hautes-Pyrénées, fonds iconographique, Grands hôtels Victoria et Angleterre, 5Fi59/23

    AD Hautes-Pyrénées : 5Fi59/23
  • A.M. Bagnères-de-Bigorre, Plan de Bagnères-de-Bigorre établi sur le plan cadastral de 1771… avec les changements opérés jusqu’en 1846, P. Moran, 1846

  • Bibliothèque de Bagnères-de-Bigorre, Estampes, P183, Plan de Bagnères-de-Bigorre et plan topographique des environs de Bagnères, s.d.

  • Bibliothèque Municipale de Toulouse, A-GORSE (2-10), Promenade des Coustous, à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), lithographie 1870.

    Bibliothèque Municipale de Toulouse : A-GORSE (2-10)
Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2019
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Université de Pau et des Pays de l'Adour