Le "château" de Cazals a sans doute été pris par Richard Coeur-de-Lion, duc d'Aquitaine, dès l'entrée de son armée en Quercy au printemps 1189, mais la première mention certaine est de 1196, date du traité de Gaillon : le château est alors rendu aux Gourdon (G. Lacoste, t. II ; J. Lartigaut). Au début du 13e siècle, la seigneurie de Cazals était tenue par trois familles : les Cazals, les Guerre et les Bonafos, qui prennent le parti du comte de Toulouse pendant la croisade des Albigeois et voient leurs biens confisqués en 1214 tandis que Simon de Montfort s'approprie la forteresse de Cazals (C. Didon, 1986) : Cazals est de ce fait exclu des territoires temporairement inféodés au comte-évêque de Cahors, et Bertrand de Gourdon fait hommage à Simon de Monfort pour la châtellenie de Cazals en 1218 (Clary, 1986). Puis Cazals revient à Alphonse de Poitiers qui reçoit en 1259 les hommages de ses vassaux de la baylie comtale de Cazals, notamment ceux de Guillaume de Guerre, fils d'Amalvin de Pestilhac et baron de la seigneurie de Mechmont, de Matfred de Cazals pour tout ce qu'il possède dans les châteaux de Cazals et de Pestilhac. La part des Bonafos est une nouvelle fois saisie et, en 1270, la tour et la salle qui ont appartenu à Amalvin de Pestilhac, dit Bonafos sont occupés par les La Roque (J. Lartigaut, 1995), auxquels succèdent les Fumel puis les Salas.£La part des Guerre semble avoir été récupérée par les Vielcastel qui possédaient au 17e siècle, une douzaine de maisons réparties dans le fort, la ville et les barris, ainsi que le château de Cazals, établi sur les vestiges de la maison de Guerre. A côté des Guerre et des Bonafos, seigneurs des castra de Mechmont et de Domme, mais en position subalterne à Cazals où le roi possédait l'entière justice sur leurs domaines, les Cazals, maîtres de la juridiction de leur propre domaine, tenaient une place privilégiée. Toutefois, leur part du castrum avait été elle même saisie dès 1286, puis de nouveau en 1350 par le roi de France devenu dès-lors le seul seigneur véritable du castrum. Théoriquement du moins, car entre 1287 et 1327 l'administration anglaise s'était temporairement substituée aux prérogatives du roi de France.£Il semble que l'héritage des Cazals ait été récupéré au lendemain de la guerre de Cent ans par les Gourdon-Thémines puis par les Salignac et les Gontaud-Saint-Geniès lesquels possédaient au 15e siècle, en plus de leur tour, la chapelle castrale ainsi que tout un quartier du castrum connu sous le nom de barri Saint-Geniès.£Au-dessous des principales maisons seigneuriales du castrum, un certain nombre de lignages de donzels et de chevaliers résidaient soit dans le castrum, comme les Laroque ou les Ranciel, soit dans l'honneur comme les Corves qui possèdaient la motte dite de Pérusse, les Marcosen, établis au repaire de Lacoste et à Campagnac, et les Vielcastel établis à Marminiac.£A distance du castrum, l'église paroissiale Notre-Dame de Ginolhac est établie sur une butte conique assimilable à une motte. Enfin, en 1319, l'administration anglaise avait établi entre Ginolhac et la ville de Cazals une ville neuve planifiée, comparable à une bastide, qui prit le nom de Montolza, du nom son fondateur, le sénéchal Guillaume de Tolza.
- enquête thématique départementale, inventaire préliminaire de l'architecture civile médiévale
- (c) Conseil départemental du Lot
- (c) Inventaire général Région Occitanie
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Lot - Gourdon
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Commune
Cazals
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Dénominationsensemble castral
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Appellationscastrum
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Période(s)
- Principale : 12e siècle
- Principale : 13e siècle
- Principale : 14e siècle
- Principale : 15e siècle
- Principale : 16e siècle
- Principale : 17e siècle
L'ancien castrum de Cazals, établi au-dessus de la "bastide" et dominant la vallée de la Masse, s'est perpétué dans le quartier dit du "Haut-Cazals". Ce quartier selon le schéma habituel, se décomposait lui-même en deux entités distinctes, le fort et la ville, qui correspondent à peu près à l'actuel château et au quartier de la Ville qu'isolait un fossé occupé aujourd'hui par la place de la Tranchée, au nom évocateur.£Le fort et le château. L'actuel château de Cazals occupe un terre-plein terrassé quadrangulaire, de 80 m de côté environ, implanté sur une assise rocheuse sous-jacente. L'édifice actuel se compose d'un logis en équerre dont les ailes se soudent sur un pavillon carré. Tout autour, une enceinte hétérogène, vaguement bastionnée, enferme dans ses murs de soutènement une fausse braie et plusieurs niveaux de terrasses. Une partie importante de ces murs a été remontée comme le château au 19e siècle, mais certains tronçons sont attribuables au 16e ou au 17e siècle comme le confirment le style du portail à bossages plats de la terrasse inférieure, la présence de redents et le talutage de certaines parties.£L'ensemble constitué par le château de Cazals et ses terrasses conserve d'importants vestiges du castrum médiéval qui l'a précédé. Au sein du tracé de l'enceinte apparaissent en effet, autour de l'ancienne chapelle castrale, les vestiges de constructions antérieures qui ont été englobées dans le terrassement de l'ensemble. Ces constructions sont repérables par la qualité et l'épaisseur de leurs maçonneries. Les vestiges d'une construction rectangulaire, considérée comme l'ancienne "maison de Guerre", du nom de ses possesseurs, sont identifiables à la base de l'actuel pavillon du château. Une seconde construction quadrangulaire dite tour de La Roque ou de Ruppe est implantée dans l'angle ouest de l'enceinte. Un troisième bâtiment quadrangulaire qui fut peut-être la tour de La Marca était implantée à l'opposé, à l'angle est de l'enceinte. D'autres "ostals" étaient implantés dans le fort. Plusieurs d'entre eux ainsi que des "ayrals" furent inféodés après la guerre de Cent-ans par les Vielcastel, les Fumel les Salviac et les Gontaud, héritiers des premiers coseigneurs.£Une tour appartenant aux Gourdon était également implantée dans le fort, à proximité de la chapelle Saint-Martin et du puits. Cette tour qui n'est plus localisable avec certitude aujourd'hui, pourrait avoir tenu le rôle de la véritable tour seigneuriale, contrairement aux autres constructions médiévales repérables dont la configuration évoque davantage de simples maisons-tours, voire de simples "ostals".£La ville et le bourg castral. En contrebas de l'enceinte du château le quartier de la "ville" était enfermé dans une clôture dont le plan cadastral actuel conserve la trace. A proximité et en contrebas de l'ancienne tour des Gourdon, les Gontaud-Saint-Geniès avaient établi à la fin du 15e siècle un hôtel noble qui constituait le nouveau centre de leur fief comprenant bourg et barri. Attenants à cette maison noble dite de Saint-Geniès apparaissent encore quelques vestiges d'une construction attribuable à la période médiévale. Trois autres maisons fortes au moins, implantées sur les limites de l'enceinte de la ville, ont laissé des vestiges tangibles. L'une des trois était connue naguère sous l'appellation de Castel-Rougié. Les deux autres sont incluses dans l'ancienne Caminade, autrement dit le presbytère.£Les enceintes et les portes. Sur la dizaine d'édifices médiévaux repérés dans le castrum de Cazals, il est surprenant de constater que trois d'entre eux sont étroitement associées à des portails dont ils paraissaient assurer la défense, selon un schéma type répétitif. C'est le cas de la maison dite de Guerre et des deux maisons identifiables dans le volume actuel de la Caminade. Cinq des autres édifices médiévaux repérés sont établis par ailleurs sur les limites du fort ou celles de la ville et suggèrent par leur implantation qu'ils auraient pu reproduire un dispositif analogue. Rien ne permet toutefois de se prononcer sur le statut collectif ou privatif de ces portails, du moins à l'origine. Dans l'une des deux hypothèses, ils auraient été percés dans l'enceinte collective et auraient ouvert sur des rues comme c'était le cas dans la ville basse de Puy-L'Evêque et comme le suggèrent les couloirs sur lesquels ils ouvrent aujourd'hui. Dans la seconde hypothèse, ils auraient pu ouvrir au contraire sur des enclos particuliers associés à chacune des maisons et constituant comme c'était le cas à Comarque une enceinte discontinue.£Une autre porte, précédée d'une barbacane, donnait accès à l'enceinte au sud. Une troisième, la porte "ganelle", ouvrait au nord entre le fort et le bourg Saint-Geniès, au contact, semble-t-il, de l'ancienne tour de La Marca.
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Murs
- calcaire
- moellon
Champs annexes au dossier - Architecture
- NOTB_G Lartigaut (Jean), Mechmont de Guerre et les Pestilhac, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CII, 1981, p. 220, 225, 227.£Alauzier (Louis d'), Le dénombrement de 1504 en Quercy pour le ban et l'arrière-ban, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CV, 1984, p. 246, 270, 279.£Auricoste (Françoise), Le pays de Cazals en Quercy, des origines à 1800, Paris, Impr. Chastrusse, 1988, 243 p.£Didon (Catherine), Châteaux, manoirs et logis. Le Lot, Chauray, Ed. Patrimoine medias, 1996, p. 136-137.£Rousset (Valérie), Le castrum (Cazals), Conseil général du Lot, notice numérique, 2007.£Lartigaut (Jean), Le Quercy après la Guerre de Cent Ans (vers 1440 - vers 1500). Aux origines du Quercy actuel, Cahors, Editions Quercy-Recherche, 2001, p. 142, 417, 438.
- NOTB_S
- APPA
- APRO
- ARCHEO
- AVIS
- CCOM
- oeuvre sélectionnée
- IVD46_SPLOT
- accessible au grand public
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Statut de la propriétépropriété privée
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Protectionsinscrit MH partiellement, 1994/06/16
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Précisions sur la protection
Ensemble défensif et sols (cad. AB 30 à 35) : inscription par arrêté du 16 juin 1994.
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Référence MH
- (c) Inventaire général Région Occitanie
- (c) Conseil départemental du Lot
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Bibliographie
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Séraphin (Gilles), Donjons & châteaux du Moyen Âge dans le Lot, Portet-sur-Garonne, Editions midi-pyrénéennes, 2014.
catalogue
Documents multimédia
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https://patrimoines.lot.fr Châteaux et manoirs du Lot