Les premiers bâtiments de l'hôpital fondé par Guisbert de Thémines et sa femme Aigline de Castelnau auraient été construits dès 1238 au mas de Pech Vilauzès. Cet établissement, qui prit par la suite le nom d'Hôpital-Beaulieu, est rattaché en 1259 à l'ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, et ses statuts définitifs lui sont donnés en 1298 par le grand maître Guillaume de Villaret : le nombre des moniales est fixé à trente-neuf et le couvent est placé sous l'autorité d'une prieure. il est, avec celui de Fieux à Miers, l'un des deux seuls établissements féminins de l'ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, normalement exclusivement masculin. La salle capitulaire, qui est dite "neuve" en 1298, nous a été conservée et son décor sculpté permet en effet de la dater de la seconde moitié du 13e siècle. Parmi les premières prieures qui ont siégé dans cette salle capitulaire, on compte plusieurs femmes de la famille de Thémines, dont la fille des fondateurs, Douce de Thémines (décédée en 1259) et la petite-fille Aigline de Thémines (attestée en 1273). Enfin, comment parler de l'Hôpital-Beaulieu sans évoquer sainte Fleur, sœur de ce couvent, décédée en 1347 et élevée au rang de sainte dès 1360. Connue pour ses miracles avant et après sa mort, un pèlerinage autour de son tombeau se développe dès le 14e siècle.
Après la guerre de Cent ans, de nouvelles constructions sont réalisées par la prieure Anne de Castelnau (1486-1528), dont ne subsistent que quelques maigres vestiges. Lors d'une visite effectuée en 1550, le commandeur de Lacapelle-Livron Beguot de Gabriac trouve un couvent en bon état, tant matériel que spirituel, mais l'église est pillée et presque rasée par les huguenots en 1562. Galiote de Gourdon de Ginouillac, coadjutrice, essaie de réformer le couvent et fait reconstruire à neuf l'église qui est consacrée par l'évêque de Tulle avant 1617 (Albe, 1941, p. 204). Sa nièce, qui porte le même nom de Galiote de Ginouillac, reprend son œuvre de réforme et fait réparer le cloître et les bâtiments conventuels (infirmerie, cuisine, réfectoire), et fait enclore le couvent par un haut mur, qui subsiste en partie (Albe, 1941, p. 212).
L'Hôpital-Beaulieu est vendu comme bien national pendant la Révolution, et ses bâtiments sont ensuite saccagés et dépecés. L'abbé Chevalt achète vers 1860 le portail de la chapelle capitulaire qui est remonté dans la façade de la chapelle Sainte-Anne à Rocamadour. Parmi les clés de voûtes sculptés, figurait le blason des Castelnau accompagné d’une croix de Malte, en reconnaissance à Aigline de Castelnau, fondatrice du couvent. Cette clef de voûte fut déposée dans le cloître du couvent de Gramat.
Chercheur en inventaire du patrimoine pour le Département du Lot depuis 2019.