Dossier d’œuvre architecture IA46100439 | Réalisé par ; ;
Cadot Fabien (Rédacteur)
Cadot Fabien

Chercheur en inventaire du patrimoine pour le Département du Lot depuis 2019.

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  • enquête thématique départementale, inventaire préliminaire des églises médiévales
hôpital-Beaulieu, de l'ordre de Saint-jean de Jérusalem puis de l'ordre de Malte
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lot - Lacapelle-Marival
  • Commune Issendolus
  • Lieu-dit l'Hôpital
  • Cadastre 2011 A03 128, 141, 142, 143, 434, 967
  • Dénominations
    hôpital, prieuré
  • Genre
    de moniales de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem
  • Vocables
    Saint-Marie et Saint-Jean-Baptiste
  • Appellations
    hôpital-Beaulieu
  • Autres parties constituantes
    salle capitulaire

Réduite aujourd'hui à l'état de ruine, l'hôpital-Beaulieu conserve sa salle capitulaire magnifiquement voûtée rappelant le prestigieux passé de l'ancienne abbaye fondée en 1238 par Guisbert de Thémines et sa femme Aigline de Castelnau.

Situé sur le causse de Gramat sur le chemin de Rocamadour, ce lieu d'accueil offert aux pauvres et aux pèlerins fut cédé aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui le dirigèrent jusqu’à la Révolution. Avec le couvent des Fieux à Miers, l'hôpital-Beaulieu est l'un des seuls établissements féminins de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Les premiers bâtiments de l'hôpital fondé par Guisbert de Thémines et sa femme Aigline de Castelnau auraient été construits dès 1238 au mas de Pech Vilauzès. Cet établissement, qui prit par la suite le nom d'Hôpital-Beaulieu, est rattaché en 1259 à l'ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, et ses statuts définitifs lui sont donnés en 1298 par le grand maître Guillaume de Villaret : le nombre des moniales est fixé à trente-neuf et le couvent est placé sous l'autorité d'une prieure. il est, avec celui de Fieux à Miers, l'un des deux seuls établissements féminins de l'ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, normalement exclusivement masculin. La salle capitulaire, qui est dite "neuve" en 1298, nous a été conservée et son décor sculpté permet en effet de la dater de la seconde moitié du 13e siècle. Parmi les premières prieures qui ont siégé dans cette salle capitulaire, on compte plusieurs femmes de la famille de Thémines, dont la fille des fondateurs, Douce de Thémines (décédée en 1259) et la petite-fille Aigline de Thémines (attestée en 1273). Enfin, comment parler de l'Hôpital-Beaulieu sans évoquer sainte Fleur, sœur de ce couvent, décédée en 1347 et élevée au rang de sainte dès 1360. Connue pour ses miracles avant et après sa mort, un pèlerinage autour de son tombeau se développe dès le 14e siècle.

Après la guerre de Cent ans, de nouvelles constructions sont réalisées par la prieure Anne de Castelnau (1486-1528), dont ne subsistent que quelques maigres vestiges. Lors d'une visite effectuée en 1550, le commandeur de Lacapelle-Livron Beguot de Gabriac trouve un couvent en bon état, tant matériel que spirituel, mais l'église est pillée et presque rasée par les huguenots en 1562. Galiote de Gourdon de Ginouillac, coadjutrice, essaie de réformer le couvent et fait reconstruire à neuf l'église qui est consacrée par l'évêque de Tulle avant 1617 (Albe, 1941, p. 204). Sa nièce, qui porte le même nom de Galiote de Ginouillac, reprend son œuvre de réforme et fait réparer le cloître et les bâtiments conventuels (infirmerie, cuisine, réfectoire), et fait enclore le couvent par un haut mur, qui subsiste en partie (Albe, 1941, p. 212).

L'Hôpital-Beaulieu est vendu comme bien national pendant la Révolution, et ses bâtiments sont ensuite saccagés et dépecés. L'abbé Chevalt achète vers 1860 le portail de la chapelle capitulaire qui est remonté dans la façade de la chapelle Sainte-Anne à Rocamadour. Parmi les clés de voûtes sculptés, figurait le blason des Castelnau accompagné d’une croix de Malte, en reconnaissance à Aigline de Castelnau, fondatrice du couvent. Cette clef de voûte fut déposée dans le cloître du couvent de Gramat.

Le rez-de-chaussée de l'aile orientale du cloître est conservé, avec la salle capitulaire et une chapelle (?) attenante au sud ; l'élévation extérieure montre les traces de l'arrachement des voûtes de la galerie qui la précédait. De l'église ne subsiste qu'une partie du mur nord, sur une hauteur de deux mètres environ. Quelques vestiges d'autres bâtiments ainsi qu'une partie des murs de l'enceinte sont également conservés. Les pierres de taille laissent apparaître des traces de gradines.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
  • État de conservation
    vestiges
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • ornement végétal
    • agneau mystique
  • Précision représentations

    Chapiteaux à feuillages et clef de voûte ornées d'une main bénissant, de la croix, de l'agneau mystique ; décor de bâtons écotés.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH partiellement, 1921/01/04
  • Précisions sur la protection

    Salle capitulaire (parcelle A 142) du couvent de Saint-Jean-de-Jérusalem : classement par arrêté du 4 janvier 1921. La notice de la base Mérimée du Ministère de la culture attribue par erreur la propriété à la commune.

  • Référence MH

Seule la salle capitulaire est protégée au titre des MH et non l'ensemble du site.

Bibliographie

  • Rousset (Valérie), L'ancien hôpital des religieuses de Beaulieu (Issendolus), Conseil général du Lot, notice numérique, 2005.

  • Rocacher (Jean), Rocamadour et son pèlerinage. Etude historique et archéologique, Toulouse-Gramat, Privat - Association Les Amis de Rocamadour, 1979, 2 vol.

    vol. 1 p. 158, 420-426, vol. 2 pl. 53, fig. 101, pl. 124-126.
  • Salaun (Gwennaëlle), La naissance de l'art gothique dans le Haut-Quercy, mémoire de D.E.A. sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, Université de Toulouse-Le Mirail, 1992.

    vol. Répertoire p. LXXV-LXXVIII, vol. Photographies fig. 178-186.
  • Bru N. (dir.), Séraphin G., Scellès M., Czerniak V., Decottignies S., Amigues G., Blaya N., Les églises du Moyen Âge dans le Lot, Milan, Silvana Editoriale Spa, 2011.

Périodiques

  • Mattalia (Yoan), "Beaulieu, Une maison féminine de l'ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem dans le diocèse de Cahors (XIIIe-XIVe siècles)", dans Le monachisme féminin dans l'Europe méridionale au Moyen Âge, Annales du Midi, tome 133, juillet-décembre 2021, p. 509-533.

  • Albe (Edmond), "Les religieuses hospitalières de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au diocèse de Cahors", dans Revue d'histoire de l'Eglise de France, t. 27, n° 112, 1941, p. 180-220.

  • "L'abbaye d'Issendolus sous Galiote de Genouillac-Vaillac, copie d'un manuscrit, transmise par M. Léopold Barra", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. XI (1886), p. 63-66.

  • Alauzier (Louis d'), "Une lettre d'indulgence collective pour l'hôpital Beaulieu", dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. CIV, 1983, p. 11-14.

Documents multimédia

  • https://patrimoines.lot.fr Eglises médiévales du Lot

Date(s) d'enquête : 2005; Date(s) de rédaction : 2005, 2026