La villa n'apparaît pas sur le plan cadastral de 1837 mais figure sur une vue stéréoscopique dont le dépôt légal est daté de 1862 ce qui permet de dater sa construction entre ces deux dates. Sur cette dernière photographie, on observe que la villa est de taille plus modeste que l'état actuel, seul le corps central étant alors édifié. La vue porte la mention "chalet de M. Sapène"
Bien qu'implantée sur le bord oriental de la Pique, sur la commune de Montauban-de-Luchon, la villa apparaît en tant que chalet des Îles sur le plan de Luchon de 1873 recensant les propriétaires des maisons, hôtels mis en location pendant la saison des eaux. On la retrouve sous ce nom sur les plans de 1882 et 1898 ainsi que sur le guide Diamant de 1928 où l'on voit que le golf-links a été installé à proximité immédiate. Elle est l'objet d'une carte postale du photographe Soulé, sans doute vers 1880, ainsi que d'une autre des frères Labouche où elle est désignée comme villa du Bois Chantant à cause de son décor important dans ce matériau et de son environnement très boisé à l'époque, qu'on perçoit encore sur une vue aérienne de 1942. Sur ces vues de la fin du 19e siècle, la villa a été l'objet d'une extension par l'ajout d'un corps transversal qui reprend fidèlement le parti initial.
Propriété toujours de la famille Sapène elle est léguée à la fin du 19e siècle à Albert Sapène. Ce dernier y vit seul avec des domestiques, hanté par le monde nobiliaire et dans un délire de persécution. Mort le 26 octobre 1911 à l'asile d'aliéné de Braqueville, il avait, par son testament rédigé en 1908 (avant son internement en 1909), déshérité sa soeur Gabrielle, veuve de l'érudit Julien Sacaze, au profit du roi d'Espagne Alphonse III. La sucession est contestée et la villa devient finalement en 1921 (jugement de la cour d'appel de Toulouse du 31 mai) la propriété de Gabrielle Sacaze qui n'y réside pas. Ses filles, Eva et Edith Sacaze, doivent se résoudre à la vendre en 1950 au Centre d'Apprentissage de Luchon, devenu depuis Lycée professionnel des Métiers du Bois. La partie boisée de la propriété a été transformée pour accueillir les bâtiments d'enseignements mais la villa, ses dépendances et une partie du parc ont été conservées. La gloriette au fond du jardin, visible sur la vue aérienne de 1945, a pour sa part disparue. L'angle nord-ouest de la maison a fait l'objet d'un agrandissement entre 1945 et 1958, (cf. photographies aériennes). Les balcons du rez-de-chaussée surélevé, visibles sur les photographies anciennes, ont pour leur part disparu. La villa a été occupée un moment par des services du lycée mais ce n'est plus le cas ; elle est actuellement sans attribution. L'écurie a été reconvertie en garage et atelier au rez-de-chaussée et en logement de fonction dans le comble.