L'hôtel n'est pas porté sur le plan de Castex en 1882 mais apparaît sur celui de 1898 : il semble avoir été construit à l'extrême fin du 19e siècle. Il a été bâti sur les terrains de M. Salles, architecte et tenu par un dénommé Ges puis par M. Sécail. Il doit son nom à sa proximité avec l'ancien bâtiment des postes qui était implanté au n°21 de l'allée d'Etigny. Il est cité dans le guide Pyrénées d'Adolphe Joanne en 1888 ce qui l'atteste avant cette date.
L'hôtel a fait éditer par la maison Laurent Lévy, des cartes postales montrant des vues intérieures de l'hôtel (vestibule, salon de lecture, salle à manger), qui témoignent de l'aménagement intérieur au début du 20e siècle. L'hôtel est aussi représenté sur plusieurs cartes postales conservées aux archives départementales de Haute-Garonne et datées du début du 20e siècle, où il possède un étage de moins. La surélévation pourrait avoir eu lieu au 2e quart du 20e siècle : elle est visiblement en cours sur une autre carte postale où l'on distingue un échafaudage le long de l'élévation donnant sur la route d'Espagne. Cette extension a entraîné une modification du profil des lucarnes ainsi que de la couverture de la tour. Sur l'élévation nord, la travée d'escalier se poursuivait au niveau du comble, interrompant la toiture : cet effet a été reproduit lors de la surélévation mais il a été dupliqué sur une autre travée afin de créer un effet de symétrie. La marquise métallique qui couvrait le perron a disparu.
Pendant le 1er tiers du 20e siècle, l'hôtel était tenu par M. Louis Peyrafitte associé à Sécail. On trouve ensuite mention de Joseph Peyrafitte, qualifié de maître d'hôtel, membre de la chambre d'industrie thermale de Luchon dans les années 1930. Le guide Joanne de 1907 mentionne encore l'association Sécail-Peyrafitte et précise que l'hôtel de 1er ordre est alors ouvert toute l'année, qu'il possède une grande réputation, le confort moderne, offre des arrangements sanitaires, jouit d'une terrasse, propose l'éclairage électrique, des bains, un garages et une ligne téléphonique. La pension s'élève à 9 F par jour. Le guide Hachette de 1911 reprend cet argumentaire en y ajoutant le chauffage central et la taille du garage qui peut loger 12 automobiles. .
L'hôtel a fermé ses portes à la fin des années 1990 et a été réaménagé en appartements. Le rez-de-chaussée sur l'allée a été très transformé par la boutique. Au troisième étage, le large linteau des deux fenêtres géminées a perdu son inscription peinte "hôtel de la Poste". Le guide pratique aux villes d'eaux de Porcheron (6e édition) mentionne l'hôtel de la Poste parmi les hôtels de 2e catégorie de la station, coûtant de 25 à 35 francs.