Dossier d’œuvre architecture IA31011225 | Réalisé par
  • recensement du patrimoine thermal
hôtel des Princes puis villa Pyrène.
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pyrénées - Bagnères-de-Luchon
  • Commune Bagnères-de-Luchon
  • Adresse 13 allée des Bains
  • Cadastre 2001 AL 01 15
  • Dénominations
    hôtel de voyageurs
  • Précision dénomination
    maison de villégiature, maison de médecin
  • Appellations
    hôtel des Princes, villa Pyrène
  • Destinations
    immeuble à logements
  • Autres parties constituantes
    cour, galerie

La villa, dont l'architecture initiale est assez classique, se caractérise par l'extension au début du 20e siècle qui a vu la construction des deux vérandas et le développement de l'important décor porté faisant appel à de nombreuses techniques. L'iconographie choisie renvoie à l'identité pyrénéenne, par la représentation de sa faune et de sa flore et de ses paysages, mais également par l'évocation de la nymphe Pyrène, éponyme de la chaîne qui donne aussi son nom à la villa.

L'immeuble à logements actuels est l'héritier d'un ancien hôtel de voyageur édifié autour de 1865. La Gazette des eaux indique en juin de cette année "qu'on met la dernière main au magnifique hôtel des Princes qu'une architecture monumentale met en harmonie avec les jolis points de vue qui l'entourent" L'hôtel des Princes est pourtant mentionné dès 1860 dans l'ouvrage du docteur Ernest Lambron (op. cité, p. 681) parmi les loueurs de voiture de la ville, associé au nom de Guillaume Roch Estrade mais l'hôtel proprement dit ne doit pas être encore construit car il ne figure pas sur le plan publié dans le même ouvrage p. 331. On le retrouve sur les plans de la ville de 1873 et 1882 et 1898. En 1873, les annonces soulignent l'offre de restauration de l'hôtel qui fait table d'hôte et restaurant à la carte et a pour spécialité les "dînérs portés en ville " et les "provisions pour les excursions aux montagnes" (L'Avenir de Luchon, 03 décembre 1873). Il est cité dans l'édition diamant du Guide Joanne consacré aux Pyrénées (p. 22) en 1882 : il est alors tenu par les frères Estrade, fait à la fois table d'hôte et restaurant à la carte, possède différents salons, offre une belle vue et dispense le luxe et le confort moderne. Il est précisé qu'il fait office de pension anglaise en mai et juin.

L'hôtel est mis en vente aux enchère le 3 septembre 1895. Il est alors décrit ainsi : un corps principal à trois étages et comble, une cour avec deux ailes latéales, dites pavillons, à un étage (Luchon-thermal, 25 août 1895).

L'hôtel a été réaménagé autour de 1900, sans doute après le rachat et devient la "villa Pyrène", propriété du docteur Vignaux qui en choisit le décor et y installe son cabinet : deux vérandas couvertes en terrasse, en fonte ouvragée, ont été créées dans la cour de l'hôtel, qu'agrémentait un décor de céramiques et sculptures. C'était le lieu de résidence habituel de M. Samuel, directeur du théâtre des Variétés à Paris, lorsqu'il séjournait à Luchon (Luchon-Thermal, 09 septembre 1911) mais elle a accueilli aussi l'académicien Alfred Capus. André Fallières, fils de Président de la République et député du Lot-et-Garonne y réside à 1920 (Luchon-Thermal, 17 aout 1920). Dans les années 1920, des médecins venus exercer de façon saisonnière à Luchon se succédaient à la villa Pyrène (Luchon-Thermal, 26 juin 1920). Le docteur Jean Dutech qui vient ainsi en 1920 achète la villa où il fait ajouter son monogramme BD. Le guide Rosenwald le recense comme médecin à la villa Pyrène entre 1922 et 1935.

En 1996, au moment de l'étude de Janine Caussette, la villa appartient toujours à la famille Dutech et abrite des médecins consultants aux thermes. Elle a donc conservé tout au long du 20e siècle sa vocation médicale en plus de l'activité de pension.

Le décor peint aurait été réalisé plus tardivement par André-Pierre Lupiac (1873-1956). Les murs latéraux étaient jusqu'en 1981 également couverts de décors peints évoquant des paysages montagnards. C'est un des témoignages les plus significatifs de l'architecture de villégiature de la ville.

La villa est élevée sur le flanc sud de l'allée des Bains qui relie l'établissement thermal au parc du casino. Elle est située en retrait par rapport aux maisons voisines dont elle n'est donc pas mitoyenne. Son élévation postérieure donne sur l'avenue du docteur Lambron. La cour devant la façade abrite de part et d'autre deux galeries fermées par des grilles et qui supportent deux terrasses bordées par un garde-corps en ferronnerie. Les galeries devaient tenir lieu de salon extérieur. Une grande verrière à deux pans couvre l'allée centrale qui mène à l'entrée de la villa. Celle-ci compte cinq travées réparties sur le rez-de-chaussée surélevé et les trois travées d'étage. La travée centrale forme une légère avancée ce qui contribue à la mettre en valeur ; elle vient interrompre le balcon filant des étages. Sur l'élévation postérieure, les cinq travées sont alignées et les balcons filants remplacés par des balcons individuels (de simples garde-corps au troisième étage). La travée centrale des deux premiers étages est néanmoins mise en valeur par un balcon aux dimensions nettement plus importantes.£Deux escaliers droits à 6 degrés mènent aux deux galeries. Celles-ci sont bordées du côté de la villa par un simple garde-corps, du côté de l'allée par une grille et du côté de l'allée par des boiseries dont la partie centrale est percée d'une porte qui permet d'y accéder directement. Le sol des deux vérandas est constitué d'un dallage en marbres polychrome : des plaques carrées en marbre rouge sont bordées par du marbre noir et cantonnées d'angles en marbre blanc.

  • Murs
    • enduit
    • maçonnerie
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 3 étages carrés, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant en charpente
    • escalier hors-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
  • Techniques
    • ferronnerie
    • peinture
    • céramique
    • sculpture
    • menuiserie
    • mosaïque
  • Représentations
    • masque
    • ours
    • aigle
    • chien
    • mouton
    • monogramme
    • femme
    • ornement végétal
    • ornement géométrique
    • vase
    • cuir découpé
    • ove
    • guirlande
  • Précision représentations

    Les niveaux inférieurs de la travée centrale portent un abondant décor sculpté en plâtre. L'entablement de la porte reçoit le monogramme DB, inscrit dans un ornement de cuir découpé encadré de deux branches feuillagées. Les deux consoles qui portent la corniche sont ornées d'un décor de feuilles et une frise d'oves court sous la corniche. Une frise de feuilles d'eau borde elle le rebord supérieur de la corniche. Cette dernière comporte un décor sculpté en haut-relief : une femme, vêtue d'un seul drap autour des hanches et avec des fleurs dans les cheveux, tient de la main droite une fiole avec laquelle elle verse un liquide dans une coupe tenue par une seconde femme agenouillée. Son bras gauche entoure la base d'un vase monumental. L'ensemble est situé sur un fond animé qui évoque des rochers. L'iconographie semble faire référence au nom même de la villa, Pyrène, princesse éponyme des Pyrénées, mais également nom d'une nymphe qui fut changée en fontaine qui serait ici représentée. La fenêtre du premier étage est ornée de guirlandes symétriques en stuc.£Le décor de ferronnerie se déploie sur de nombreux éléments : les grilles des galeries, les garde-corps des terrasses et des balcons, la clôture sur l'allée et la structure de la verrière couvrant l'allée centrale. Il est constitué de variations sur des formes géométriques. Il encadre également la scène sculptée : de petites fleurs ornent la bande de l'arc qui est surmontée de l'inscription VILLA PYRENE.£Les vérandas reçoivent également un décor peint qui prend place sur des panneaux en bois disposés sous la terrasse. Les deux panneaux tournés vers l'allée ont un décor symétrique : des rinceaux jaunes, ornés de diverses fleurs, encadrent deux médaillons portant alternativement une tête féminine et une tête masculine : s'agit-il de Pyrène et Hercule ? Ces deux panneaux surmontent un décor géométrique de bois découpé. Les six panneaux qui ornent l'allée centrale portent chacun un médaillon central encadrés par des rinceaux végétaux et avec des montagnes en arrière-plan : un aigle, un buste et un ours d'un côté, un chien un personnage masculin et un bouquetin de l'autre. Enfin, les deux panneaux qui font face à la villa, sont décorés d'animaux devant un paysage de montage : mouton, chèvre et loup d'un côté, vautour, vache et chamois de l'autre.£Deux mosaïques de format rectangulaire sont situées de part et d'autre de l'allée : sur celle de l'entrée est écrit SALVE (bonjour en latin), sur celle dans le sens de la sortie est inscrit "VALE"(adieu, porte toi bien en latin). Les inscriptions sont portées en bleu sur fond blanc et l'ensemble est encadré par une bordure rouge et bleue. Des petits carrés de mosaïque (4 tesselles blanches et bleues posées en quinconce) ponctuent le sol de l'entrée. Ils sont doublés par des carrés rouges et blancs au niveau de l'élargissement qui précède la porte.£Les bordures maçonnées des plantations sont ornées de carreaux de céramiques multicolores posés sur la pointe, qui alternent carreaux simples et carreaux plus développés avec décor géométrique.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 2004/04/06
  • Précisions sur la protection

    Les façades et toitures, avec les deux vérandas à structure métallique et la clôture sur l' allée des Bains (cad. AL 15) : inscription par arrêté du 6 avril 2004

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Haute-Garonne, 2 O 42 20 (7), Plan général de la ville de Bagnères-de-Luchon dressé par M. Castex, architecte, 1898.

    AD Haute-Garonne : 2 O 42 20 (7)

Bibliographie

  • Pac (Henri), Luchon et son passé, Privat : Toulouse, 2000, 140 p.

  • LAMBRON (Ernest, docteur), Les Pyrénées et les eaux thermales sulfurées de Bagnères-de-Luchon, Paris : imprimerie et librairie centrales de Napoléon Chaix et cie, 1860, 1 195 p.

  • Joanne (Paul), Guide Diamant - Pyrénées, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1882, 412 p.

  • Caussette (Janine), Architecture privée à Luchon, seconde moitié du XIXe siècle, mémoire de maîtrise dirigé par Louis Peyrusse, Université Toulouse le Mirail, octobre 1996, 121 p.

    p. 109-110

Périodiques

  • La Gazette des eaux 15 juin 1865, n° 377, 8e année, p. 188.

  • L'Avenir de Luchon, 03 décembre 1873

    p. 3
  • Luchon-thermal, 25 août 1895

    p. 3
  • Luchon-Thermal, 09 septembre 1911.

    p. 1
  • Luchon-Thermal, 17 aout 1920

    p.1
  • Luchon-Thermal, 26 juin 1920

    p.1

Documents figurés

  • Bibliothèque nationale de France, Plans de la ville de Luchon par M. Castex, 1882, GED-825.

    Bibliothèque nationale de France : GED-825
  • Bibliothèque nationale de France, Plans de la ville de Luchon par M. Castex 1873, GED 826.

Date(s) d'enquête : 2015; Date(s) de rédaction : 2015
(c) Inventaire général Région Occitanie