Cet édifice a vraisemblablement été construit à la fin des années 1840 par M. Dargut, « enfant du pays ». Il s'agissait alors d'un hôtel garni avec table d'hôte, qui était doté de vingt chambres meublées. À l'intérieur se trouvait un salon orné d'un décor peint. Celui-ci aurait été réalisé par M. Astre, « jeune peintre plein d'avenir et l'auteur des peintures ( ) de léglise Saint-Clar, près Muret ». La description que livre Henri Castillon d'Aspet dans sa notice sur les bains d'Encausse donne une idée assez précise de ce décor : « La forme de ce salon est carré et sur les murs on voit les sujets suivants peints avec une extrême habileté et surtout avec beaucoup de talent. Du côté droit, ( ) on admire trois tableaux, peints sur les murs stucqués, d'un mètre de haut sur deux de large, et représentant : le Cerf lancé, le Cerf à l'eau et la mort du Cerf. Du côté gauche, on voit les pendants à ces trois tableaux dont les sujets sont : un aqueduc romain surmonté du temple de Vesta, une marine et un naufrage. Aux encoignures de la salle, ce sont trois sujets qui terminent l'encadrement de cette page de peinture en six tableaux : une élégie, le retour du Troubadour, le Pont-du-Roi et deux cascades. Une immense rosace et des corbeilles de fleurs aux quatre coins ornent le plafond et l'harmonisent admirablement bien avec le reste des décors » (Castillon, 1851, p. 31 et 32).
La notice publiée en 1866 par le libraire toulousain François Gimet indique qu'à cette date l'hôtel est tenu par un certain Dufour de Saint-Gaudens et qu'il a désormais pris l'appellation d'Hôtel de Londres (Gimet, 1866, p. 3). En 1873, lors de la seconde édition de cette notice, François Gimet indique que l'hôtel est désormais tenu par M. Manadé et précise qu'il « a des chambres bien tapissées, des meubles élégants, des domestiques prévenants » (Gimet, 1873, p. 4). Les cartes postales anciennes montrent que dans la première moitié du 20e siècle, l'établissement avait conservé le nom d'Hôtel de Londres qui avait été complété par « Manadé ».
Cet édifice a depuis perdu sa fonction et a été transformé en logements locatifs. Il semble que le décor peint décrit au milieu du 19e siècle par Henri Castillon ait aujourdhui complètement disparu.