En 1831, Hyacinthe Autier demande l'autorisation de construire une filature, une foulerie de draps et une scierie sur son domaine dit de Saint-Nestor. Cependant, d'après le rapport de l'ingénieur, il semble que la scierie est déjà existante. L'accord est donné par ordonnance du roi en 1833. Cependant, sur le cadastre napoléonien (vers 1839), il n'y a que la scierie (ainsi qu'une tuilerie). En 1854, suite à une inondation durant laquelle le barrage a été détruit, son fils, Nestor Autier demande l'autorisation de déplacer le barrage de 3m en amont. Cette demande est reçue favorablement. Le plan de 1855 atteste la présence d'une scierie et d'une filature-foulerie. En 1867, ces usines appartiennent toujours à Nestor Autier. En 1896 elles appartiennent à Edouard Baya et sont alors réunies en une manufacture de draperie. Les bâtiments industriels du XIXe siècle semblent avoir disparu. La prise d'eau est historiquement située en amont de la future usine Avelana (IA09010046). Au niveau de Saint-Nestor (toponyme peut-être dérivé de la personne de Nestor Autier) se développent plus tard les foulons et apprêts Massat. Les Massat sont engagés sur Villeneuve à la fois comme propriétaires terriens et comme industriels du textile. Leur usine est installée depuis au moins 1936. Dans les années 1950, un foulon, une usine électrique (sans doute au hameau Escourrou) et une usine textile sont encore exploités par Henri Massat et Louis Baya, ce dernier étant domicilié à Toulouse. En 1966, le domaine est repris par Pierre, Paul Massat et Raymonde Laguerre née Massat, puis par la veuve de Paul Massat en 1973. Dissociée de la propriété, l'usine électrique est démolie la même année, remplacée par une maison d'habitation. Dès 1974, c'est Augustin Roudière, frère d'André Roudière assurant également la fonction de directeur général adjoint du groupe Roudière, qui investit le site. Il y développe sa propre activité textile (tissage et apprêts), dans un bâtiment ancien, longeant la rue Jacquard, repris aux Massat et abritant bureaux et ateliers. Roudière acquiert également le dépôt isolé situé à l'ouest du site. L'entreprise, connue sous les noms de Tissage Services (1987) ou Tissages des Pyrénées, reste aux mains d'Augustin Roudière jusqu'en 1991-1992, date à laquelle elle passe en gérance partagée entre MM. Rey et Fourcassa. Ces derniers, anciens contremaîtres, tissent à façon pour les usines du secteur (Carreman, Michel Thierry, Roudière SA). Entre temps, les bâtiments d'ateliers se sont agrandis vers le sud. L'entreprise Avelana, héritière de l'unité Nestor du groupe Roudière, toute proche (IA09010046), installe un temps son atelier de création dans la travée la plus méridionale, et récupère à une date inconnue le dépôt isolé. L'ensemble des locaux principaux est vide à partir de la cessation d'activité des Tissages des Pyrénées, vers 2003-2004. Une partie est alors récupérée et rachetée par le conseil général de l'Ariège, qui y installe le service départemental de gestion de l'eau et de l'assainissement (SMDEA). Jusqu'alors établi dans les locaux de l'usine Sainte-Marie (IA09010033) depuis 1995, le façonnier Philippe Bigou, ancien ouvrier des Tissages des Pyrénées et fils de l'ancien directeur de tissage d'Augustin Roudière, rachète la partie vide et y place les machines d'occasion qu'il possédait déjà, fondant une nouvelle entreprise, Tissages Cathares, à partir de 2007. Depuis 2011, l'entreprise tisse suivant sa ligne propre de linge de maison. L'entreprise travaille essentiellement le coton. La majeure partie des tâches (ourdissage, tissage, confection) est assurée sur place ; seules la teinture du fil et le traitement antitaches sont externalisés mais également assurés en France (Tarn). L'entreprise est positionnée sur le segment moyen/haut de gamme, et emploie en 2018 huit employés. Deux magasins d'usine, l'un sur site, l'autre à Mirepoix, assurent l'écoulement des produits.
Les apprêts Massat emploient 13 personnes à la fin des années 1950. La société Tissage des Pyrénées compte 20 salariés en 1983. L'usine des Tissages Cathares emploie 8 personnes en 2018.
Données orales Mairie de Villeneuve-d'Olmes, Jean-Jacques Roudière, Philippe Bigou, Alain Moreno