La Société industrielle de teintures et apprêts (SITA) est fondée en tant que SARL, le 9 août 1947, par deux associés : André Roudière et Roland Savary (AD 09, 123W40). Le premier site s'étend sur une parcelle jusqu'alors à vocation agricole, comme le prouvent les photographies aériennes de 1942. L'objet de la société concerne logiquement les teintures et apprêts. Le siège social de l'entreprise est alors fixé avenue de Bélesta, à Lavelanet. En 1949, un troisième associé se joint à la société, Henri Bonnier, ingénieur installé à Laroque-d'Olmes et originaire de Roubaix, qui assure dès lors seul la gérance de l'entreprise. Le premier bâtiment déclaré par Savary en 1948 mesure 28m sur 16m, avec couverture en shed (AD 09, 482W124). Savary motive ce projet par le fait que les usines Savary-Roudière ne possédaient alors ni teinturerie ni apprêts. Ce premier bâtiment se situe sur l'actuelle parcelle 4536, ce qui a priori correspond aux salles 4 et 5 seulement, étant donné qu'il s'étend alors sur 5 rangées de sheds seulement, visiblement les plus proches du Touyre (elles sont 9 aujourd'hui). D'après Jean-Jacques Roudière (entretien du 05/04/2018), André Roudière a établi une alliance économique avec Roland Savary, pour exploiter le filon des nouvelles matières, tout de suite après la guerre (vers 1945), avant qu'ils ne se séparent de façon cordiale pour poursuivre chacun de leur côté leurs activités. Après plusieurs augmentations de capital, le 29 janvier 1953 Roudière et Savary cèdent en effet leurs parts (AD 09, 123W40). A cette date, les parts de l'entreprise sont réparties entre Henri Bonnier, Adrien Bertrand (industriel de Laroque) et Philippe André (représentant de commerce à Laroque). En mars 1954, Bonnier cède à son tour ses parts et se retire. Bertrand, en son nom propre et en celui de sa société, détient la grande majorité des parts ; Ph. André devient gérant. En octobre de la même année, c'est M. Dussartre, originaire de Haute-Vienne, qui devient gérant des établissements SITA. Ph. André cède toutes ses parts en 1960. En 1964, les parts sont réparties entre 7 personnes (dont Bertrand et Dussartre). A. Bertrand est très largement majoritaire ; le reste se répartit essentiellement entre les membres de la famille Bertrand. Dussartre est remplacé par un CA car la société devient Société anonyme, le 19 novembre 1964. Sur la vue aérienne de 1953, des travaux d'extension vers la rue Jacquard semblent visibles. Sur la vue aérienne de 1962, le bâtiment mesure bien 8 sheds de long (il s'agit de la première extension). Le dépôt est ajouté en 1965. En 1970 est effectuée une demande de nouvelle extension (AD 09, 482W126). A cette date le site emploie 26 personnes. Il est fait mention de l'absence de teinture en dépit de l'appellation SITA. M. Dussartre est à nouveau mentionné comme gérant. L'usine est alors présentée comme « la plus moderne de la région en ce qui concerne les apprêts », et l'une des plus importantes. La vue aérienne de 1972 atteste une deuxième extension des locaux. La comparaison des vues aériennes de 1972, 1974 et 1976 permet de comprendre que c'est à ce moment qu'une troisième extension se fait (travaux apparemment en cours en 1974, achevés en 1976). Le cadastre précise que les bâtiments principaux ont été bâtis entre 1952 et 1971. L'usine d'apprêts cesse probablement son activité dans les années 1980. Une activité mécanique est alors déjà en place. Dans les années 1980, le directeur de la SITA gère aussi la teinture de l'usine Nestor (IA09010046). Elle est remplacée par l'entreprise Méca09, fondée en 1989 par le groupe Chargeurs au moment de la grosse restructuration des établissements Roudière, pour employer les électriciens, maçons, automaticiens et électroniciens affectés à la maintenance au sein du groupe (immatriculation au registre du commerce et des sociétés le 13 janvier 1989), notamment des usines Nestor et la Coume. Cet effectif correspond à une soixantaine de salariés de l'entité dédiée à l'entretien. Méca09 sort dans la foulée du groupe Chargeurs, et l'usine est ensuite une filiale du groupe Méca (Daynac, 1994, p. 171). Dans les années 2000, le pilotage de l'entreprise est assuré par un élu RPR de l'Ardèche proche de Jérôme Seydoux, Jean-Louis Chirouze. La société Méca comprend deux autres filiales, dans l'Ardèche et dans le nord de la France. Par sa spécialité, l'entreprise est essentielle pour le territoire, puisqu'elle assure « le service de maintenance technique de l'industrie textile du pays d'Olmes » (cf. La Dépêche du midi, 30/03/2006), grâce à des agents formés auprès des concepteurs de machines. Cependant, les mécaniciens les plus spécialisés demeurent dans les unités initiales : Méca09 assure les dépannages urgents et importants et la maintenance et la manutention lourde des ateliers, en particulier ceux d'apprêts et teintures, tandis que la maintenance précise des ateliers de tissage revient généralement aux salariés des usines en question. Méca09 travaille pour des unités hors Chargeurs, comme les usines Maris, SOTAP-Carol ou Michel Thierry, et fonctionne avec une équipe jour et une équipe nuit. Compte tenu du délitement du textile, et notamment des unités du groupe Chargeurs, le dépôt de bilan est finalement prononcé en 2006, et le site demeure en friche depuis cette date.
L'entreprise emploie 24 salariés à la fin des années 1950, 181 salariés en 1983, 210 en 1984.
Données orales Jean-Jacques Roudière, Bernard Laffont (AMTPC), Maryse Roudière-Carbonnel, Alain Moreno, Jean Bru.