Le village d'Aulus existe depuis au moins le Moyen Âge, mais l'usage des eaux thermales n'est pas attestée pour cette période. Il pourrait y avoir eu une implantation humaine antique, en lien avec la présence des sources thermales, mais celle-ci est mal documentée et pourrait être une construction du 19e siècle pour asseoir la station dans une tradition pluriséculaire. Les eaux sont redécouvertes dans les années 1820, mais il faut attendre les années 1850 pour que le village connaisse un nouvel essor et un développement directement lié au thermalisme.
À partir du milieu du 19e siècle, de nouveaux établissements sont bâtis en rive gauche du Garbet et des hôtels commencent à être bâtis le long de la rivière, en rive droite où se trouve la route. Les aménagements liés aux loisirs, casinos et parcs, sont bâtis progressivement, en même temps que le reste de la station. L'augmentation des constructions est particulièrement importante dans les années 1870 et 1880. A partir de 1883, un promenoir bordé de candélabres à gaz relie le casino aux hôtels. En 1890, le projet de création d'un promenoir vitré, envisagé depuis 1884, est relancé pour protéger du froid et de la pluie les curistes fréquentant la buvette, mais en 1895, il est toujours dans les cartons. Ce grand promenoir est finalement réalisé en 1903 (Journal d'Aulus, 13 septembre 1903) L'électrification progresse aussi dans cette décennie : d'abord restreinte au casino et à a son parc, elle gagne l'allée des bains et l'avenue reliant le quartier thermal au village, incitant les propriétaires d'hôtels et de maisons meublées à s'y abonner (Aulus-thermal, 10 août 1890)
L'offre de presse témoigne également de l'âge d'or de la station, avec pas moins de quatre journaux se succédant entre 1882 et 1914 : La Gazette d'Aulus, entre 1882 et 1886, Aulus thermal : paraissant toutes les semaines pendant la saison thermale en 1890, Aulus-mondain : (Ariège) : le plus beau site des Pyrénées entre 1894 et 1901, et Le Journal d'Aulus : organe des intérêts généraux de la station d'Aulus-les-Bains ["puis" organe des intérêts de la station thermale d'Aulus-les-Bains] entre 1894 et 1914.
Cependant, les difficultés apparaissent dès cette période avec des problèmes d'approvisionnement en eau et de qualité de cette eau. Dans le même temps, plusieurs sociétés des eaux font faillite successivement. L'impact sur la construction des édifices liés à la villégiature et aux loisirs n'est pas immédiat, mais dès les années 1900 l'activité constructive cesse presque totalement. À partir du début du 20e siècle, l'activité thermale décline progressivement et ne réussit pas à repartir entre les deux guerres.
La station obtient d'être érigée en station hydrominérale par un décret du 19 juin 1929. Les chiffres du produit de la taxe de séjour sont connus entre 1929 et 1932 (avec un trou en 1928) grâce aux Annales des établissements thermaux, cercles, casinos, eaux minérales ; ils permettent d'estimer la fréquentation de la station (même si de nombreux visiteurs sont exemptés) et de la situer par rapport au corpus de la cinquantaine de stations hydrominérales de l'époque. A Aulus, ce montant s'élève à 30 917 en 1930 (29e entre La Roche Posay et Argelès-Gazost), 33 871 en 1931 (28e), 27 893 en 1932 (30e).
La station ne se relève pas au lendemain de la Seconde guerre mondiale. L'établissement thermal, à l'arrêt depuis dix ans, disparaît dans un incendie en 1947. Les hôtels ferment progressivement entre les années 1950 et les années 1980. C'est à ce moment que la décision de reprendre l'exploitation des eaux thermales intervient. Un nouvel établissement est bâti le long du Garbet. Il est inauguré en 1983 ce qui relance la station. Entre 1990 et 1992, la progression de la fréquentation est de 50%. Ce succès est dû à l'évolution de l'offre de cure, plus adaptée aux souhaits de la clientèle, proposant des soins classique en même temps qu'un espace de détente. La cuisine hôtelière s'adapte aux exigences de la diététique et le traitement s'oriente vers les maladies métaboliques (obésité, hypertension, diabète...) (Pyrénées, n°170-171, 1992, Thermalisme, p. 376).