Les traces d'occupation préhistoriques sont nombreuses. En effet, le relief karstique du territoire a favorisé la constitution de nombreuses grottes (Bethléem, Ermite, Fontanet, Saint-Eulasio, Lomberives...), qui conservent des traces plus ou moins importantes d'occupation humaine (peintures rupestres, gravures, foyers...). Les connaissances sur les périodes suivantes sont bien plus maigres. Au moins une pièce de monnaie rappelle la présence romaine, ce qui est peu. Du Moyen Age, l'on n'a rien de décelable avant les deux églises, qui sont probablement du 12e siècle, si ce n'est le spoulga (grotte fortifiée) d'Ornolac, dont les maçonneries sont probablement partiellement antérieures d'un ou plusieurs siècles.£La première mention d'Ornolac se trouve dans une enquête sur les limites du comté de Foix, qui ne cite pas Lujat. Puis l'on trouve, en 1385, un rôle des feux et, en 1415, une charte de coutumes attribuée par Bernard d'Arnave. Pourtant, la localité finit par intégrer le consulat de Tarascon tout proche. La disposition en deux villages (Barry-en-Bas et Barry-en-Haut ou Ornolac) remonte à une date inconnue, de même que l'occupation de Lujat, situé plus en hauteur. Notons, cependant, que, dans ce dernier site, l'habitat n'a jamais été très développé. Il n'est pas mentionné dans l'enquête consacrée aux limites du comté de Foix, mais la chapelle remonte au moins à la première moitié du 12e siècle. Quoi qu'il en soit, le site ne semble pas avoir survécu au 16e siècle et était abandonné au 17e siècle, ne comportant plus qu'une grange en usage. Il fut pourtant au moins partiellement réoccupé par la suite, puisque l'on retrouve quelques maisons ou fermes sur le cadastre de 1834, celles dont on voit aujourd'hui les ruines. L'une d'elle a même été agrandie postérieurement et une autre construite ; c'est d'ailleurs la seule à demeurer en usage.
La taille des deux foyers villageois principaux était limitée, mais, avec le développement des thermes, c'est toute la rive gauche qui s'urbanisa (hôtels, villas, gare...), surtout dans la seconde moitié du 19e siècle. Il en reste peu de témoins, la plus grande partie ayant été rasée dans les années 2000 pour laisser place à l'agrandissement de la route nationale. La rive droite, en dehors de ce qui relevait directement de l'établissement thermal, resta peu construite : trois ou quatre maisons du 19e siècle, quelques autres du début du 20e siècle. La topographie ne s'y prêtait effectivement pas, jusqu'à ce que la commune n'intervienne. Tout d'abord, elle obtint en 1874, de modifier son nom pour devenir Ornolac-Ussat-les-Bains, l'établissement thermal étant connu par le nom de la commune voisine d'Ussat. Puis, étant donné qu'il n'existait qu'un petit chemin mal commode pour rejoindre les deux Barry depuis les thermes, l'on prolongea la route des Thermes, qui s'arrêtait au croisement avec le chemin du Martel. Il était désormais possible d'arriver au pied du village par une route nettement plus large et carrossable. Dans un souci d'embellissement, l'on décida ensuite de planter des tilleuls le long de la nouvelle rue. Si jamais ce projet a été exécuté, il n'en reste rien (AD Ariège, 3O896, 23/4/1906, autorisation de travaux pour la plantation). Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'après ces aménagements qu'apparurent de nouvelles maisons, la première devant être le numéro 21 (autour de 1906). D'une manière générale, sur la partie de la route des Thermes située au sud de la jonction avec le chemin du Martel, les maisons sont d'autant plus éloignées des thermes qu'elles sont récentes. On n'en dénombre que quatre en 1953 (n° 21 et son annexe, 42, 46 et celle de derrière) et une petite quinzaine en 1962. On note ensuite une réelle régularité dans les constructions, avec un pic autour de 1980. Dans les décennies suivantes, c'est la route de l'Eglise, entre les deux Barry, qui suscita la plus grande activité. Les premières constructions sont lancées entre 1968 et 1975 (une dizaine). On en décompte dix-sept en 1988 et une trentaine aujourd'hui, déjà presque toutes présentes en 1998, si bien que presque toutes les parcelles longeant les routes de la commune sont aujourd'hui bâties.