Les terrains qui longeaient la rivière La Touyre étaient parcourus au 19e siècle par deux canaux de dérivation, parallèles, alimentés à intervalles réguliers par des prises d'eau. Ils étaient affectés à des installations industrielles : usines textiles, moulin, scierie... l'une d'elles (IA09010500) appartenait à la famille Bastide, riche famille drapière originaire de Beaucaire et installée à Lavelanet depuis le début du 19e siècle.
La troisième génération se reconvertit dans l'activité bancaire. Etienne Bastide, personnage influent de la société locale, étend alors sa propriété vers le nord en achetant des terrains à Achille Rolland, propriétaire du moulin et de la scierie. Cette acquistion est entérinée le 18 février 1891 et concerne les parcelles C 574 à 576 et 578 à 593 (archives privées Bastide/Roaldès). Elle est complété par l'acquisition des parcelles 572 et 573 à Caussou, ce qui permet à Etienne Bastide et à son frère Hippolyte d'être voisins et de posséder à eux deux un ensemble cohérent.£La demeure des Aulnaies est donc édifiée après 1891 sur les plans de l'architecte Joseph Rocher et décorée par les productions toulousaines de l'ornemaniste Gaston Virebent (qui signe et date 1892 sur l'une d'entre elle) et du maître-verrier Saint-Blancat. Rocher, né en 1858, élève de Henry Bach et Justin Fitte à l'école des arts de Toulouse vers 1878-79, avait rejoint l'école des Beaux-Arts de Paris de 1881 à 1885. Il collaborre avec Virebent aussi au château de Villebrumier autour de 1890, qui présente de nombreux traits communs avec les Aulnaies. Construite peu après Léran (1875), la demeure reflète le goût éclectique (néo-médiéval et néo-renaissance) très prisé par la riche bourgeoisie d'affaires (cf. le château de Sibra). Une véranda-serre a été accolée quelque temps plus tard sur le côté nord. A l'intérieur, le dessus de cheminée est orné d'une peinture de Jean Diffre (1864-1921).£La propriété fut acquise par la commune à Paul Bastide, le fils d'Hippolyte (pour payer les dettes des usines Couquet) et transformée en hôtel de ville en 1969 par l'architecte Laberty. Les écuries et le moulin ont été modifiés. Les murs intérieurs de la mairie ont reçu un décor peint de la peintre naïve Mady de la Giraudière.
Chercheur à l'inventaire général d'Occitanie jusqu'en 2012.