• inventaire topographique, Communauté de communes du Lodévois-Larzac
Eglise paroissiale Notre-Dame des Salces
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lodève
  • Commune Saint-Privat
  • Lieu-dit les Salces
  • Cadastre 1957 A 292
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Notre-Dame
  • Autres parties constituantes
    cimetière, croix monumentale

Résumé : Construction à la fin du 11e ou au début du 12e de la partie ouest de la nef ; au 12e siècle construction du portail et du chevet ; au 14e, démolition du chevet roman et agrandissement de la nef à l'est, construction d'un nouveau chevet et du clocher, ensemble de l'église inscrite en 1937, nef romane classée en 1962.

Historique : Le lieu de Salses ("Salices") est mentionné dès 799 dans le cartulaire d'Aniane et la paroisse Sainte-Marie de Salses en 1082 dans un lefs d'un moine de Gellone, don rappelé dans le testament de l'abbé Guilhem, en 1122. Cette paroisse figure aussi dans des actes en faveur du monastère de Gellone, en 1100, 1102 et 1116 ; située dans le diocèse de Lodève, elle fournissait à l'évêque, en 1236, un revenu de dix sètiers de blé et autant de paumelle ; les dîmes étaient indivises entre l'évêque et le chapitre, en 1251.

L'évêque possédait aussi divers biens et domaines sur ce territoire, et, contre les reconnaissances reçues de Berenger du Doulié, l'évêque Pierre attribuait à ce dernier et à son frère, en 1225, un fief-bénéfice.

En 1280, le curé Jean Grimai, las de l'oppression des seigneurs de Saint-Privat, donna à l'évêque tous ses droits de juridiction, haute et moyenne justice, sur le lieu de Salses, avec la moitié des biens propres à l'église ; en. 1295, l'évêque Gaucelin compléta son emprise temporelle en rachetant du roi la moitié des Cens, qui revenaient à Saint-Louis depuis 1269.

En 1325 enfin, l'évêque Hernard de la Guinnie institua dans sa cathédrale un archiprêtré et unit à ce bénéfice l'église paroissiale de Salses. Ce fut l'apogée du domaine épiscopal de Salses, dont l'effritement commença en 1577 par la vente de la juridiction à Jacques de Fos.

Telles sont les données historiques très fragmentaires que l'on pos8èdë sur cette église ; il semble toutefois s'en dégager la conclusion que l'histoire de cette ancienne paroisse n'est pas aussi indissolublement liée à celle du monastère de Gellone que semblent le suggérer les brèves notices consacrées à l'édifice.

Il n'y aurait donc pas lieu d'attribuer trop d'importance aux dates de 1082, 1100, 1122, rapportées ci-dessus, sinon pour admettre qu'il existait alors une église paroissiale Notre-Dame, dont rien n'indique que Gellone ait jamais perçu les dîmes.

On serait plus fondé à rapprocher l'union au nouvel archiprêtré de Lodève, en 1325 de l'église de Salses, et l'importante campagne d'agrandissement de l'édifice, dont la première travée élargie unilatéralement, prolongée par un choeur accosté de chapelles et par un vaste chevet, traduit les résultats d'une campagne homogène du XlVe siècle.

La nef romane étroite est décorée extérieurement d'arcatures "lombardes" sur lésennes et présente, à l'intérieur, des arcs de décharge longitudinaux ; les arcatures ne sont pas du type primitif connu, à claveaux distincts, mais partent de claveaux communs, à un degré d'évolution très avancé vers le type final à Linteau échancré. Cette partie de l'édifioe ne semble donc pas pouvoir dater da milieu du 11esiècle, comme le propose M. de Dainville, mais de la fin de ce même siècle, même en se référant aux arcatures de Saint-Guilhem, qui sont à claveaux distincts.

Une fenêtre primitive, au sud de la nef, a été partiellement obturée ; M. de Dainville estime que ce fut par la construction de la voûte. Un exament plus attentif montre que cette baie ne pouvait être masquée, ni par la voûte, ni même par l'arc longitudinal intérieur qui supporte la retombée du doubleau. Il est plus simple d'admettre que cette fenêtre ne fut sacrifiée que lors de la construction du portail décoré, fruit d'une campagne nettement plus tardive.

Si ces prémisses sont admises, une importante difficulté se trouve résolue dans la chronologie de l'édifice ; les piliers engagés intérieurs, que M. de Dainville lui-même n'hésite pas à rapporter à la première campagne, retrouvent leur destination qui était, avec les arcs longitudinaux intérieurs, de supporter les arcs doubleaux du berceau, or, l'un des doubleaux repose sur les clefs en console des arcs longitudinaux de la travée de fond.

En résumé, il semblerait possible de réduire à deux campagnes plutôt qu'à trois, la chronologie de l'édifice roman : la première, peut-être de quelque durée, débutant vers la fin du 11e siècle : nef, lésennes et arcatures extérieures, arcs et piliers intérieurs, avec leurs chapiteaux sobrement sculptés ; campagne terminée par l'éxécution des voûtes. La deuxième campagne, probablement entreprise pour porter remède à des mouvements inquiétants, comporte la construction de massifs contreforts extérieurs, plaqués sans liaison contre les murs ou les lésennes ; la réfection du mur occidental, décoré d'une jolie fenêtre à colonnettes ; et enfin la construction de portail, venant à masquer une partie d'une fenêtre primitive. Comme un doubleau reposait assez témérairement, à l'aplomb de cette baie, il en était résulté une lézarde et une amorce de décollement, justifiant à la fois le muraillement intérieur de l'ouverture et la surépaisseur donnée à l'avant-porte ; même la bande lombarde, disjointe, dut recevoir alors une réfection. L'ensemble de cette campagne peut être située au 12e siècle.

D'après le. paragraphe précédent, il n'y aurait pas à séparer, dans le temps, l'exécution du portail de celle de la fenêtre occidentale, ces deux baies étant semblablement décorées de boudins sur colonnettes.

Mais si, à la suite de nouvelles recherches, il était démontré que le voûtement de la nef devait être attribué à une campagne intermédiaire distincte, postérieure à l'ornementation extérieure d'arcatures, alors il conviendrait d'y rattacher aussi les piliers engagés, avec leurs chapiteaux sculptés, et aussi les arcs intérieurs, tout au moins ceux de la travée de fond ; les raccordements des assises et l'appareil ne semblent pas s'accorder avec une semblable hypothèse, laquelle, pour cette raison précise, n'a pas été retenue.

Une troisième oampagne, gothique, prend place vraisemblablement au 14e siècle et pourrait être contemporaine de l'union de la paroisse à l'archiprêtré de Lodève, c'est-à-dire de 1325. Le choeur a été alors élargi de trois mètres vers le nord, avec conservatipn de l'alignement du mur sud. Le désaxement qui en résulte paraît avoir été motivé par un souci d'économie, ce qui supposerait que le mur méridional du choeur serait, au moins en partie, l'ancien mur roman. L'enduit intérieur et le plaquage extérieur de diverses constructions privées ne permettent pas de s'en assurer ; mais, dans cettte hypothèse, il n'est pas exclu que le clocher lui-même, situé également au sud, ne soit roman dans ses parties basses.

Ce choeur gothique comprend :

- une partie de nef, longue de 8m,40, voûtée en berceau brisé et divisée en deux travées par un doubleau sur consoles, ajouté, semble-t-il, à une époque plus récente;

- deux chapelles accostant la première travée, l'une au nord et l'autre au sud, celle-ci à la base du clocher ; les voûtements et arcades de ces chapelles sont du 14e siècle, ainsi que les sculptures qui les décorent ;

- un grand chevet à sept pans, percé de trois grandes fenêtres et orné intérieurement de fines colonnettes à chapiteaux sculptés ; la voûte en a été reprise à une époque récente et sensiblement abaissée en sorte que les hauts de fenêtres ont été tronqués ;

- un grand clocher carré (sur la chapelle sud) et sa tourelle extérieure polygonale contenant un escalier en vis.

La face nord du clocher montre, au-dessus des toitures du choeur adjacent, une grande arcade aveugle en arc brisé, s'élevant environ deux fois plus haut que l'arcade de la chapelle de base.

Il semblerait donc qu'une chapelle haute, formant tribune au-dessus de la chapelle inférieure, ait initialement été prévue, sinon exécutée, ce qui aurait supposé une surélévation considérable de la travée proche du sanctuaire, laquelle aurait alors forme un véritable transept.

Cette disposition aurait évidemment exigé un voûtement sur croisées d'ogives et il semble bien qu'il y ait eu au moins un début d'exécution, puisque le mur nord du clocher et son prolongement fermant la tourelle, portent des traces distinctes d'arrachements, aussi bien aux bords extérieurs de l'arcade aveugle que vers l'est, où paraît s'amorcer une arcade adjacente.

Rien de semblable n'est visible du côté nord, où la chapelle d'exécution modeste, n'atteint même pas le haut des contreforts qui l'encadrent. Il semble donc que le projet d'un choeur gothique très élevé, comportant transept à tribunes, n'ait reçu qu'un début d'exécution, puisqu'en définitive une voûte aveugle en berceau brisé a été édifiée, au départ du sommet des aroades inférieures.

Quant aux apports modernes, ils intéressent surtout les voûtements : deux arcs doubleaux ont été tendus sous le berceau brisé gothique et s'appuient sur des consoles moulurées.

  • Période(s)
    • Principale : limite 11e siècle 12e siècle
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : 14e siècle

L'église se compose de deux parties : une nef romane de trois travées, prolongée par un choeur gothique plus large et dont l'axe est décalé vers le nord. Ce choeur est encadré par deux chapelles dont l'une, au sud, est surmontée par un clocher».

PARTIE ROMANE : La largeur de la nef romane, dans oeuvre, est de 6,30 m. au fond, 6,16 m. au milieu et 6,10 m. à l'est, passant à 9 mètres dans la partie gothique.

Voûtées en "berceau, les trois travées sont séparées par des doubleaux et mesurent (doubleaux non compris) : 2,40 m., 1,85 m. et 1,90 m. de longueur ; elles représentent l'ensemble de l'ancienne nef romane, car le doubleau oriental repose sur chapiteaux, à un niveau inférieur à celui des autres arcs et peut donc être identifié avec l'ancien arc triomphal.

Cet arc triomphal, le doubleau suivant et le doubleau de fond, reposent sur piliers demi-circulaires engagés ; l'avant-dernier doubleau, au contraire, s'appuie sur deux consoles qui forment en même temps les clefs d'arcs longitudinaux intérieurs.

Ces arcs de décharge, correspondant à l'ensemble des deux travées de fond, mesurent 4,4 m. d'ouverture et 15 cm d'épaisseur ; la première travée présente des arcs semblables, mais de 1,78 m. seulement d'ouverture et s'élevant un peu plus haut.

Au-dessus de ces arcs, court un bandeau chanfreiné qui se raccorde aux tailloirs des divers chapiteaux, excepté à ceux, situés plus bas, de l'arc triomphal. Ce bandeau, coupé par l'ébrasement inférieur de la fenêtre, existe aussi au long du mur occidental.

Extérieur : Les murs nord et sud présentent un décor d'arcatures reposant sur petites consoles et sur lésennes. Lors d'une campagne de consolidation, une partie de ce décor a été masquée par de puissants contreforts, appliqués sans liaison contre la construction primitive. Du côté sud, ce masque a été aggravé par une construction beaucoup plus récente ; aussi n'est-il pas possible de dénombrer exactement tous les petits arcs.

Du côté nord et en partant de l'est, on compte quatre petits arcs, entièrement dégagés, entre deux lésennes bien visibles ; la série suivante montre deux arcs, entre la dernière lésenne et le contrefort du Xlle siècle, puis deux arcs et une amorce entre les deux contreforts, le dernier arc semblant s'appuyer sur une lésenne extrême, à l'ouest.

Il semble que cette série n'ait pas comporté, plus que celle lui répondant au sud, de lésenne intermédiaire ; s'il en est ainsi, elle aurait compté six, ou peut-être sept, petits arcs, dont quatre seulement, ainsi que l'amorce d'un cinquième, sont encore visibles.

Du côté sud, l'observation est gênée par les bâtiments voisins qui cachent, si elle existe, la série orientale qui ré pondrait à la quadruple arcature nord ; mais, au-dessus du portail, se voient cinq petits arcs et une lésenne, l'autre étant cachee par le contrefort.

Les lésennes visibles mesurent 78 cm de largeur et 13,5 cm de saillie ; les petites consoles, biseautées, ne présentent aucune sculpture ; les arcs sont constitués, pour la plupart, par trois claveaux seulement, dont l'un est commun à deux arcs consécutifs.

L'arcature est surmontée par un bandeau-corniche chanfreiné qui s'appuie directement sur elle, sans interposition d'une assise ou d'une frise.

Dès l'époque romane, la bâtisse a reçu une consolidation de puissants contreforts, qui ne sont pas liés aux murs nord et sud, mais le sont au mur occidental.

Au fond, ces massifs ne font pas saillie à l'Ouest, mais seulement aus sud et au nord, de 75 à 80 cm. Du côté nord, le contrefort qui correspond au doubleau sur consoles, fait saillie de 2,10 m. et mesure. 1,43 m. de largeur.

Un renforcement homologue, au sud, a été obtenu par la construotion du portail en surépaisseur.

Décoration intérieure : Les bases des piliers engagés, comportent un empilage de tores de diverses épaisseurs, les plus gros étant camus, en sorte que l'ensemble de ces profils s'inscrit dans une surface quasi-cylindrique. A l'arc triomphal, le tore inférieur présente, au contact du socle, un congé renflé, en forme de bossage.

Les chapiteaux, cubiques et peu saillants, montrent un décor assez sommaire, d'ailleurs empâté par les enduits. Au-dessus d'astragales minces, à peine marquées, la corbeille présente une rosace, dans un double cerne circulaire, entre deux palmettes d'angle marquant les troncatures.

Un seul de ces ohapiteaux est historié, celui de l'angle sur ouest ; on y distingue un personnage, à robe courte coupée droit, un bras levé et l'autre replié sur la hanche, dans un même encadrement de palmettes.

Les tailloirs sont décorés de damiers, parfois limité (arc triomphal) aux angles extrêmes. Contre l'arc triomphal s'appuie, à l'ouest, un second rouleau qui repose sur des dosserets ; ceux-ci sont munis d'impostes à retours, faisant suite aux tailloirs des chapiteaux et comme eux décorés de damiers.

Fenêtre occidentale : Largement ébrasée à l'intérieur, cette haute fenêtre comporte trois rouleaux en plein cintre garnis de deux boudins reposant sur.colonnettes de dimaètres inégaux. Comme dans la nef, les bases sont des tores superposés, d'égal diamètre.

Il est assez difficile de discerner les sculptures des chapiteaux, empâtés d'enduit et situées à contre-jour ; l'un d'eux semble décoré d'entrelacs, les autres de feuillages. Les tailloirs se retournent latéralement en formant bandeaux.

Portail : La construction de ce portail a porté l'épaisseur du mur de 1,20 m. à 1,60 m. Cette avant-porte a été surmontée d'un bandeau en échine, supporté par une série de petits modillons, diversement moulurés, dont huit sont visibles.

La porte en plein cintre, de 1,63 m. d'ouverture, est précédée par deux rouleaux de 2,29 m. et 3,10 m. d'ouverture., garnis de deux boudins sur colonnettes.

Comme à la fenêtre occidentale, ces boudins sont inégaux, celui de l'extérieur ayant le plus fort diamètre. Les quatre colonnettes ont disparu, mais il reste les chapiteaux, dont le décor très simple est assez dégradé. A la différence des chapiteaux intérieurs, les abaques présentent ici une mouluration (filet-gorge-listel).

Au-dessus de ce portail, se trouve une fenêtre ancienne, dont la partie inférieure est masquée par le mur en surépaisseur. Cette baie a été murée intérieurement et forme une sorte de niche abritant une statuette.

A signaler, à titre simplement documentaire, que le piédroit ouest du portail est décoré, sur son parement interne, d'une fleur à tige feuillée, probablement sans rapport avec le décor d'origine ; cette petite fleur se trouve à 1,50 m. du sol, à la portée des passants.

PARTIE GOTHIQUE. Large de 6,10 m. dans oeuvre, la nef romane est prolongée à l'est par une travée gothique large de 9,15 m. Cet élargissement a porté exclusivement sur la partie nord, en sorte que les arcs longitudinaux des deux parties de l'édifice se trouvent décalés d'environ 1,50 m.

Longue de 8,40 m. en tout, la nef gothique est couverte d'un berceau brisé comportant deux arcs doubieaux sur consoles, l'un divisant la nef en deux travées et l'autre formant arc triomphal ; les consoles sont modernes, oomme probablement les arcs eux-mêmes ; il n'existe aucune trace de piliers-supports, excepté peut-être un léger grattage à l'ouest de l'arcade nord.

La partie élargie, formant le fond de la nef gothique, se compose de deux tronçons nettement séparés, le mur roman conservé se séparant, par une coupure verticale, du mur ajouté au XIVe siècle. L'arrachement de ce mur roman est oblique, comme si ce mur avait amorcé un tracé circulaire, ce qui laisse peut-être présumer que l'abside primitive avait affecté cette forme. Quant au mur gothique, il présente pour sa part une retraite de 9 cm, à 2,30 m. au-dessus du sol.

Chapelle nord : Mesurant dans oeuvre 3,44 m. (du nord au sud) sur 4,31 m. (est-ouest), cette chapelle ouvre sur la nef par une arcade de 3,88 m.

L'arc, à double rouleau chanfreiné (chanfreins de 185 mm.), est surmonté par une mouluration en équerre, très dégradée ; les piliers, demi-circulaires, sont pourvus de chapiteaux sculptés de feuillages, ces feuilles disposées sur une seule rangée et isolées par bouquets de deux ou de trois. Les abaques sont polygonaux, leurs moulurations se continuant, au long des dosserets et jusque sous les arcs diagonaux.

Les consoles qui supportent ces diagonaux sont sculptées : celle de l'angle sud-ouest, d'une tête de femme à longs cheveux ; celle de l'angle sud-est, d'un monstre ailé à figure humaine grimaçante, à pattes de lion ; celle de l'angle nord-ouest, d'une tête d'ange, à chevelure frisée ; celle de l'angle nord-est, d'une tête d'homme, soutenue par les bras repliés en équerre.

La clef de voûte, circulaire, est ornée d'une rosace à double corolle ; les arcs diagonaux sont profilés en boudin, avec avant-bec méplat.

Cette chapelle est éclairée, au nord par une lancette, à l'est par une rosace (tangente au contrefort). Le remplage de cet oculus dessine un quatre-feuilles, avec écoinçons ajourés.

De l'extérieur, cette chapelle se présente sous l'aspect d'un simple appentis, appuyé à deux contreforts ; l'appareil, soigné à la base et très sommaire dans la partie haute, fait présumer une reprise ancienne et, vue l'épaisseur des murs, une construction plus élevée avait peut-être été prévue à l'origine, en pendant au clocher sud.

Chapelle sud et clocher. Symétrique de la chapelle nord, celle du sud présente une arcade à peu près identique ; toutefois, les dosserets intérieurs ont la forme d'un pilier circulaire engagé.

Du côté est, le chapiteau sous l'arcade est soulpté de deux rangs de feuillages à crochets, tandis que celui de l'ouest très érodé, montre dans son angle intérieur une petite figure de diablotin, directement sous l'abaque.

Lea arcs diagonaux reposent sur des consoles diversement ornées, celles qui touchent à l'arcade ayant pour abaque le prolongement de cette mouluration qui entoure tout le support au-dessus du chapiteau du pilier.

- la console de l'angle nord-ouest est simplement épannelée ;

- celle de l'angle nord-est est érodée et indistincte ;

- celle de l'angle sud-ouest est une tête très fruste, à chevelure symétrique ;

- celle de l'angle sud-est montre une grosse figure humaine plate, encadrée de cheveux ou d'une coiffe, cachant les oreilles.

La clef de voûte, circulaire, est ornée d'une croix grecque, taillée en réserve ; les diagonaux sont en boudin à fin bec méplat et à épaulements moulurés

La chapelle est éclairée au sud par une fenêtre en arc brisé, largement ébrasée au dedans et au dehors, et à l'est par un oculus. A la base, une petite porte (75 cm de largeur sur 1,93 m. de hauteur) donne accès à l'escalier en vis du clocher, vis contenue dans une tourelle polygonale, éclairée, sur le pan coupé, par d'étroites fenêtres. Une niche sans décor a été creusée dans ce mur oriental de la chapelle.

De l'extérieur, le clocher est une tour carrée, couverte en pavillon ; elle s'élève sans interruption ni bandeau, sur les trois quarts de sa hauteur totale (20m); à ce niveau, un bandeau marque la base de l'étage campanaire. Cet étage supérieur est ajouré de deux baies opposées, percées latéralement, amorties en plein cintre ; d'autres ouvertures, simples regards, se trouvent dans la face nord. Cette face septentrionale présente un grand arc brisé aveugle, avec l'amorce d'un autre arc au long du mur de la tourelle. En élévation cette tourelle accolée présente aussi deux étages, avec des indices de reprise. Enfin, au sud du clocher, l'étage intermédiaire, au-dessus de la chapelle de base, est éclairé par une fenêtre à meneau horizontal.

Sanctuaire : En plan, c'est un polygone à sept pans ; deux pans parallèles, alignés sur la nef et mesurant chacun 3,57 m. dans oeuvre (le doubleau y compris), les pans obliques ne mesurant que 2,42 m. en moyenne.

Contre chacun de ces angles rentrants est appliquée une fine colonnette (13 cm de diamètre) avec dosserets chanfreinés à partir de mi-hauteur.

Les chapiteaux sont bien conservés et sculptés de deux rangées de feuillage. La voûte a été refaite et très sensiblement abaissée, formant une sorte de coupole à pénétrations.

Le sanctuaire est éclairé par trois hautes fenêtres à double encadrement chanfreiné et dont la partie haute a été amputée par la nouvelle voûte.

Au sud, une porte, large de 79 cm et haute de 1,93 m. donne accès à la sacristie, édifiée en appentis contre les contreforts.

Ce sanctuaire comporte une piscine, située dans le pan oblique méridional le plus proche de la sacristie. Ce renforcement, abrité sous un arc brisé, est large de 1,96 m. et haut de 1,43 m. sous le sommet de l'arc ; l'encadrement intérieur est chanfreiné sur 6 cm, un joint marquant le sommet de l'arc, et un bandeau mouluré, sans retours, se trouvant au niveau des naissances.

La tablette de cette piscine comporte deux cuvettes d'évacuation, celle de gauche très simple, celle de droite soulptée d'un trilobe, encadrant le trou central.

  • Murs
    • grès
    • pierre de taille
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit en pavillon
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
    • escalier en vis sans jour
  • Techniques
    • sculpture
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1962
    inscrit MH, 1937
  • Référence MH

Annexes

  • Saint-Privat
Date(s) d'enquête : 1979; Date(s) de rédaction : 1983