La villa a été construite pour l'industriel et inventeur Armand Puech par l'architecte mazamétain Jules Pheulpin, en 1893-1894 comme l'indiquent les datent inscrites à deux reprises sur la tour d'escalier : en façade et sur un mur de la cage, à l'intérieur. Elle est directement inspirée du modèle de la "maison des champs" proposé par Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc dans son Histoire d'une maison, éditée à Paris par J. Hetzel en 1873, dont elle reprend les plans de façon très fidèle. La distribution proposée par le célèbre architecte français est ici strictement respectée ainsi que les dimensions des pièces.
Armand Puech (1846-1917) a d'abord été directeur puis associé d'Edouard Alba-Lasource dans la grande manufacture de drap dite du Moulin Gau (Payrin-Augmontel) (Cazals, 1996). Face au problème de l'eau qui arrivait polluée à l'usine et qui graissait les draps, Armand Puech met au point, en 1889, un procédé de filtre dégrossisseur breveté l'année suivante. Appelé à un bel avenir, ce procédé qu'il va perfectionner, sera vendu en France et à travers le monde par la société Puech, puis Puech-Chabbal, du nom de son associé, dont le siège social sera au Thoré (Bonhôte, 2006). Il le met, en outre, en place dans sa maison qui est ainsi équipée de l'eau potable et de l'électricité, produite par la force hydraulique, à tous les étages.
Armand Puech a épousé Adrienne Tournier, la soeur d'un des plus grands industriels mazamétains, Alphonse Tournier (1847-1920), qui était à la tête des usines de la Chevalière (héritée de son père Jules Tournier), du Gué de l'Arn, de Sluomroc et du Pigné (Greslé-Bouignol, 1996). C'est elle qui apporte en dot le domaine de Métairie Neuve d'une superficie d'environ 30 hectares sur lequel sera construite la demeure, baptisée le Thoré par Armand Puech.